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11.30.2007

le temps file



De ça aussi je me console, Lola Lafon.

SOIS UN PEU OUVERTE

On dit sois un peu ouverte.

En général, on m’enjoint d’être ouverte au moment même où passent dans les conversations des choses acérées qui forcent leur chemin vers mon cerveau pour y retrouver une place que je ne veux pas leur donner.

Alors, je m’ouvre grande, et plus je m’ouvre, plus ce que j’avale me creuse, au point que d’ouverte, je deviens vide.

A quoi je me suis ouverte pour que tout passe à travers moi et m’enlève à chaque fois des morceaux de viande.

A quoi je dois rester ouverte, écartelée en souriant pendant que je m’assure que je respire toujours.

Aux bonheurs qu’on me propose ici, ces ordres sur des affiches. A mon silence si facile à acheter.

On dit avoir les idées larges, je commence à mieux entendre, j’entends idées larges comme des idées obèses de compromis.

Je ne voulais pas être boursoufflée d’ajouts imperceptibles ou repue de mes propres renoncements. Alors, j’ai fait des listes pour récupérer les dangers.

Je notais : A Ne Pas Oublier.

[…]

Il me semblait que noter serait comme avoir une alarme. Me souvenir de ne pas oublier, que, si un jour je commençais à prononcer certains mots, c’était que j’étais en train de devenir ouverte. Tellement ouverte à tout, que de moi il ne resterait qu’un contour vide.

Je notais aussi quand un mot, l’air de rien, appelait une image formidable qu’il ne faudrait pas oublier non plus, me souvenir des plaisirs.

(p.47-48)

8.28.2007

ça va pas de Charlotte Légaut - A lire (c pr les enfants)

Petit écrit dans le livre avant l'histoire :
(dessin du livre)

12.16.2006

Citations extraites de Véronique Olmi

« Il fallait que je m’accroche à quelque chose, une idée, une image, quelque chose qui me tire de là, j’étais une machine disjonctée, ça sautait dans tous les sens, des petites secousses, des nerfs qui se réveillaient en sursaut, […]. »

« J’avais hâte […] qu’on arrive l’air de rien, au lendemain matin, comme font les autres, ceux qui se couchent le soir parce qu’ils sont fatigués, parce qu’ils ont su remplir leur journée heure par heure et qu’ils se lèvent le matin parce que c’est normal, il faut le faire et ils le font – c’est pas comme moi qui mélange la nuit et le jour, qui veille quand tout le monde pionce et qui m’écroule quand tout le monde gambade […]. »